Nous avons eu l’opportunité ce jeudi 13 septembre d’assister à la conférence organisée par Reuters dans ses locaux. Cette dernière portait sur les différentes réglementations mises en place suite à la récente crise économique et leurs conséquences sur l’Asset Management.

 

L’arrivée de nouvelles règles à l’échelle européenne et mondiale (Solvabilité II, FATCA,…) bouleverse encore un peu plus la sphère financière d’après crise.
Monsieur Xavier Barrier, Directeur Associé de CSC a mis en avant les enjeux liés à la Valorisation des produits financiers. Elle se compose de trois éléments : les positions, les méthodes mises en œuvre et les données de références*.

De quelles données s’agit-il ? Ce sont les données sur instruments financiers (caractéristiques), sur les marchés (cours, taux, volatilité, devise,…), les tiers (LEI, notations,…) et réglementaires (BAFI).
Cette situation place les données de références au cœur du débat : les multitudes et variétés de méthodologies qui se côtoyaient au sein d’une même société et qui pouvaient parfois se contredire, sont désormais difficilement justifiables.

Dans ce contexte, l’enjeu est facilement identifiable : s’il y a toujours plus de sources, de données, de personnalisations nécessaires, il y a également plus de contrôle (ACP en 2010) et d’augmentation des coûts d’accès à l’information.

Dès lors, les anciens processus en vigueur – notamment dans les banques – subissent une forte pression. La solution se situerait-elle dans les nouvelles technologies ? Grâce à des outils spécialisés, une SI agile qui supporterait les chocs réglementaires, le cloud, voire avec l’utilisation d’un prestataire (la gestion de donnée étant un métier en soit). Les acteurs sont invités à repenser leur façon d’appréhender leur organisation différemment.

Monsieur Franck Rossi (Thomson Reuters) nous a ensuite présenté les nouvelles méthodes de valorisations des produits financiers complexes (taux et crédit) par le service de Pricing Thomson Reuters.
Pascal Koening (Deloitte France) et Xavier Zaegel (Deloitte Luxembourg) se sont penchés sur les nouvelles règlementations et leurs impacts. La nouvelle directive AIF qui imposerait l’utilisation d’un expert externe en évaluation pour le calcul de la VL des sociétés de gestion. La valorisation des OPCVM, OCPI,… se ferait donc via un expert externe indépendant au FIA ou par le gestionnaire lui-même, à condition que les sociétés concernées se prémunissent du risque de conflit d’intérêt. Tout ceci apportant un coût supplémentaire qui devra être supporté par l’un des acteurs concerné.

Jean-Paul Saussus de Thomson Reuters sc’est penché sur l’identification des contreparties qui provoque une « révolution copernicienne » au sein de Reuters : les produits financiers précédemment au centre des flux d’information sont peu à peu supplantées par l’identification des contreparties qui va devenir la pierre angulaire pour avoir une vision holistique du risque de contreparties.

PWC, via M. Xavier Blathazar, nous a dressé un état des lieux des récentes réglementations mises en places ou en projet (FATCA, AIFMD, EMIR, UCITS IV, V, VI,…etc…). Par exemple, FATCA (le Foreign Account Tax Compliance Act) est une avancée dans la coopération en matière fiscale et de partage de données entre les différents Etats signataires et les Etats-Unis.

Pour conclure, Mme Marie-Christine Jetil (PWC) nous a fait une présentation de l’impact de la Directive Solvabilité II sur les Assureurs. Un bilan des comptes plus détaillés va faire son apparition. Cela entraînera une modification de la composition de l’actif des assureurs, avec le besoin de titres obligataires à plus court terme (moins « chers »), de plus d’actifs immobiliers diversifiés (risque plus faible et donc baisse du besoin en fonds propres) dans et en dehors de la zone euro, de fonds actions avec protection du capital, fonds absolute return, dérivés en couverture,…

N’oublions pas que ce besoin en fonds propres est une trame de fond qui va bouleverser les portefeuilles des institutions financières. Les Certificats de Dépôts Négociables et les Dépôts à terme suivent cette tendance et deviennent un élément incontournable de ce changement. Les voilà donc aujourd’hui sur le devant de la scène lorsqu’il s’agit de chercher un produit de placement.
Une conférence bienvenue dans un contexte réglementaire difficile à appréhender.

  • M. Xavier Barrier a défini la donnée de référence comme une donnée transversale au sein d’une société (utilisateurs finaux comme responsable et contributeurs). C’est également une donnée de qualité (source fiable), accessible et avec un cycle de vie (encore valable et non instantanée).