La finance, mère de tous les maux ? Pas toujours si l’on pense aux initiatives qui essaiment le monde aujourd’hui et qui vont dans la direction d’une finance plus transparente au service des clients. La plateforme Pandat est l’un de ces nouveaux acteurs du marché qui vise à aider les petites entreprises, associations et autres organismes parapublics à optimiser le placement de leurs excédents de trésorerie sur des produits sûrs et compréhensibles.

Comparateur et courtier d’offres bancaires plus saines

Par l’intermédiaire d’une plateforme en ligne, la start-up Pandat Finance vise à comparer les offres bancaires en se focalisant sur les comptes à terme (ou dépôts à terme) et les certificats de dépôts négociables (titre de créance négociable de court terme). En d’autres termes, des produits sûrs, pour lesquels les clients ne risquent pas de voir leurs fonds étranglés par les cordons de la bourse, puisqu’ils connaissent la durée et le rendement de leur placement à l’avance. Au-delà du comparateur en ligne, Pandat se positionne comme un intermédiaire entre les banques et leurs futurs clients souhaitant placer leurs fonds de manière lisible et transparente. « Notre but est de faire gagner de l’argent à nos clients en mettant en compétition les banques sur ces produits de placement », explique David Guyot, associé et co-fondateur de Pandat Finance. Le fonctionnement est enfantin : un client ayant une problématique de rendement de ses fonds ou un excès de trésorerie, s’inscrit gratuitement sur la plateforme. La nature de l’entreprise et ses activités sont examinées par Pandat afin d’écarter toute tentative de placement frauduleux. Une fois inscrit, le client peut comparer les offres bancaires référencées et être conseillé en fonction de critères qu’il aura sélectionnés comme la nature de la banque ou la rémunération du placement. Banque et client sont ensuite mis en relation et communiquent de façon confidentielle pour fixer les termes du contrat. Si l’opération est neutre financièrement pour le client, Pandat se rémunère via des commissions versées par les banques pour l’apport d’affaires, une fois les contrats conclus.

Pandat ambitionne de devenir leader européen sur le marché des comptes à terme

Les banques ont tout à y gagner puisque « le coût d’acquisition d’un nouveau client par notre plateforme est très faible », souligne l’entrepreneur. Les clients de leur côté gagnent du temps sur leur appel d’offres et ont accès aux meilleurs rendements. L’entreprise ne fait d’ombre à personne puisqu’elle place son activité entre les services bancaires aux particuliers et les courtiers de marché, qui placent des fonds au-delà de 10 millions d’euros, quand Pandat Finance se limite à des sommes comprises entre 500 000 et 10 millions d’euros. « Nous sommes sur une taille intermédiaire entre les particuliers et les sociétés du CAC 40 ». Soit : les personnes morales, des associations aux jeunes entreprises en passant par les sociétés d’économie mixte (SEM), les fondations, les mutuelles… Incubée jusqu’à la fin du mois de mai à l’incubateur Finance de Paris Incubateurs, la start-up vise à terme l’ensemble des banques européennes, ambitionne de devenir une place disposant de 20 % de parts de marché sur les comptes à terme en France et « demain en Europe ».

Les accords de Bâle III : un effet d’aubaine pour Pandat

C’est principalement l’actualité du secteur bancaire qui devrait jouer en faveur de Pandat, notamment avec les accords de Bâle III visant à réglementer les pratiques bancaires à risque, à l’origine de la crise que l’on connaît. Les banques ont en effet été mises en cause pour leur gourmandise excessive en produits dérivés au détriment de fonds propres destinés à couvrir les risques de leurs placements. Pandat Finance insiste justement sur les produits d’épargne bilantielle et non pas sur les véhicules d’investissements, comme les SICAV et les FCP, par nature hors bilan. « Nous bénéficions d’un effet aubaine avec cette réforme, qui impose de changer les ratios de liquidités et de dépôts par rapport aux crédits des banques », souligne l’entrepreneur. Traduction : l’ensemble de l’épargne des clients des banques doit passer dans leur bilan. Résultat : toutes les banques se livrent aujourd’hui une concurrence féroce pour recruter des clients sur ces produits. Pour l’entrepreneur, « les associations notamment sont en demande de cette transparence et ne veulent pas aller sur des produits trop compliqués ». Quand on sait que les associations en France représentent près de deux millions de salariés et 60 milliards de budget de fonctionnement chaque année, on imagine encore mieux le potentiel de Pandat Finance.

L’info en plus :

La start-up s’est dotée le 20 mai dernier d’un comité stratégique qui l’accompagne dans les orientations de son activité. Ce comité réunit Jean-François Théodore, ancien PDG d’EURONEXT, Jean-Jacques Quellec, ancien trésorier de la CDC et ancien président de l’AFTB (Association du Forex et des trésoriers de banque), Michel Dupuydauby, ancien Directeur Général de la MACSF et ancien président de la ROAM (Réunion des organismes d’assurance mutuelle) et Christian Camus, ancien Directeur Général de MeilleurTaux.com et ancien cadre dirigeant du Groupe Caisse d’Epargne.

L’apport de l’incubateur Finance pour David Guyot :

« Nous avons choisi Paris Incubateurs l’année dernière pour la richesse du réseau de la Ville de Paris ainsi que celui du pôle Finance Innovation sans oublier la l’enrichissement d’être avec d’autres entrepreneurs. Notre présence au sein de l’incubateur nous a d’ailleurs permis de créer des synergies : nous avons notamment monté un partenariat avec Eclosing, une autre société de l’incubateur Finance, sur la dématérialisation de documents électroniques ».

Nous vous invitions à voir la vidéo de présentation – Interview de David Guyot