Nous avons eu le plaisir d’assister à la conférence La finance au service de l’économie sociale et solidaire organisée par le pôle de compétitivité Finance Innovation. Cette conférence fait suite à la publication de leur livre blanc intitulé: « Pour une finance au service de l’économie sociale et solidaire ».

 

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Ces dernières années ont eu pour conséquences de n’associer à la finance que ses dérives, à tel point que notre Président de la République l’a désigné comme son ennemi. Force est de constater que certaines pratiques ne se sont répercutées que de manière négative sur l’ensemble de la société, faisant oublier à tout un chacun son utilité première et fondamentale : permettre aux agents ayant besoin de financement de le trouver auprès de ceux qui ont les capacités de le fournir. L’Economie Sociale et Solidaire, supportant jusqu’ici et selon les mots de Sophie Renard « le plafond de verre du financement », est particulièrement concernée par ces notions. Quelles sont alors les pistes de réflexions qui permettraient à l’ESS de mieux se servir de l’outil financier ?

JEAN-PIERRE DELEVOYE : « L’INNOVATION EST EN PERMANENCE LA CONTESTATION D’UN SYSTÈME »

L’attractivité grandissante de l’ESS ne doit pas être seulement la réponse à une crise qui sévit depuis plusieurs années : son développement doit être encouragé mais avant tout construit et accompagné par une réflexion autour des enjeux qui l’accompagnent. Défenseur de l’ESS depuis toujours, vice-président du Crédit Coopératif, Hugues Sibille estime que « c’est sur le champ des idées que se gagnera la bataille de l’ESS » en encourageant premièrement l’entreprenariat de l’ESS, en créant ensuite un écosystème favorable, et enfin en intégrant à l’ESS la culture de la rémunération des fonds propres, ce qui lui permettrait de se financer plus largement.

POUR UNE FINANCE AU SERVICE DE L’ESS

Les outils existants, ou ceux dont la construction est évoquée par le livre blanc, doivent s’attacher à répondre aux principaux piliers qui définissent l’ESS cités par Gérard Andreck : lucrativité limitée, gestion démocratique et utilité sociale. Mais ils doivent aussi éviter les écueils commis par le passé avec le lancement dans les années 1980 des différents titres associatifs et de l’ESS qui n’ont connu qu’un succès limité. Selon Pierre Valentin, différentes sources seraient susceptible d’alimenter les besoins en financement de l’ESS : d’une part les dépôts des livrets A et LDD suite au relèvement du plafond mais également, l’assurance vie qui ne consacre que 60 millions d’euros à l’ESS sur ses 1400 milliards d’encours. Une autre piste évoquée est celle des SIB (« Social Impact Bonds ») dont l’approche, très anglo-saxonne, est la suivante : vous investissez dans un projet, si celui-ci fonctionne, vous êtes remboursé, si celui-ci échoue, vous n’êtes que partiellement remboursé et si les objectifs sont dépassés, vous touchez des intérêts.

Si nous voyons au travers de ces exemples de quelle manière la finance peut rendre service à l’ESS, Joëlle Durieux nous rappelle que la crise financière est aussi une crise de valeur et que le secteur financier a tout à gagner en se nourrissant des principes défendus par l’ESS. Ces principes ont en tout cas inspirés la création de Pandat qui s’attache chaque jour à créer une finance saine et transparente en ne proposant que des produits simples et peu risqués que sont les comptes à terme.