Ramon Fernandez, Directeur Général du Trésor depuis 2009, a abordé lors du petit-déjeuner de l’AFTE organisé le 4 février un sujet très actuel : le financement de l’économie et ses conséquences pour les entreprises.

 

Mr Fernandez nous offre à travers cette conférence un discours volontaire sur les perspectives européennes. Son approche optimiste repose notamment sur l’ensemble des actions menées, présentes et futures, pour enrayer la crise et ainsi évincer le risque de récidive.

Un contexte de crise imposant des réformes structurelles

La crise à laquelle nous assistons est d’une violence rare et provient à la fois d’un déséquilibre macro-économique et d’une dérégulation financière.

Depuis 2008, des réformes ont été mises en œuvre pour tirer les conséquences d’une régulation financière trop souple, trop opaque, présentant des risques de liquidités et des fonds propres parfois discutables. Il s’agit à présent plutôt d’anticiper et de réguler en amont plutôt que de corriger après coup. La régulation tend ainsi vers une solidification des acteurs bancaires en imposant un renforcement de leurs capitaux propres et une meilleure capacité d’absorption des pertes.

L’Union Bancaire qui a été lancée en 2012 pour enrayer le risque bancaire impactant la souveraineté des États, sera opérationnelle d’ici novembre 2014. La présence d’un superviseur unique sera donc bien une réalité pour cette année. Cette évolution est d’une importance capitale pour la Zone Euro, comparable aux premiers pas de la CEE.

Afin de maintenir un secteur bancaire en capacité de financer les entreprises et les ménages, la France a logiquement voté en 2013 la loi de séparation et de régulation.

Les enjeux du financement des entreprises en France

Grâce à un facteur démographique avantageux, la France possède le taux de croissance potentiel, sur la durée, le plus élevé d’Europe (après la GB) et dépasse les 1.6%. Le taux de croissance en 2014 devrait repartir à la hausse pour atteindre environ 1%.

Bien que la France dispose de nombreux atouts, certaines ombres subsistent au tableau, notamment en matière de chômage et de coûts salariaux. Ce sont ces problèmes que le pacte de compétitivité doit combattre pour enrayer cette perte de compétitivité à laquelle nous assistons depuis 10 ans.

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La France possède également l’un des taux d’épargne les plus élevés de l’OCDE avec 15.6% du PIB. L’épargne financière représentant 4200 milliards d’Euros, soit plus de deux fois le PIB français. Aujourd’hui, l’épargne des Français est la source principale de financement de l’économie. L’enjeu est donc d’**orienter cette épargne vers les actions pour financer les fonds propres des entreprises**.

Dans ce contexte, deux réformes sont mises en œuvre pour inciter les épargnants français à financer les entreprises : la création de PEA PME et la réforme de l’assurance-vie d’ici l’été 2014.

En matière de diversification de sources de financement, le modèle a déjà changé depuis 2/3 ans. En effet, nous observons que 70% des grandes entreprises se financent auprès des marchés, contre 21% des ETI et 3% des PME.

Pour diversifier leurs sources de financement, les entreprises peuvent avoir recours à différents instruments :

  • L’Euro PP, qui facilite le refinancement des créances des PME par le marché (véhicule simple),
  • Le crédit de trésorerie, en recul de 4% sur 2013,
  • Le financement des fonds propres : crowdfunding, capital-risque, financement en actions sur les marchés (Enternext), développement d’Euronext.

De façon générale, les réformes que la France met en œuvre actuellement s’inscrivent dans une Europe qui s’est réformée à vive allure.

Des avancées majeures pour la Zone Euro

Face aux carences des dettes souveraines rencontrées en 2009-2010, la Zone Euro a nettement renforcé sa gouvernance et s’est dotée de différents outils :

– un mécanisme d’urgence pour lutter contre les crises avec un fond de 500 milliards d’Euros,
– une union bancaire avec des déclinaisons ultérieures telles que l’union budgétaire,
– une autorité macro-prudentielle pour renforcer la surveillance financière et marcrofinancière pour une application à l’ensemble des états membres.

L’avis Pandat

Dans un contexte de crise ou de quasi-sortie de crise, l’Union Européenne et les États-Membres ont dû, contraints par la situation, avancer sur le terrain de la régulation des activités financières. Ces réformes vont toujours plus dans le sens d’une fortification des banques européennes, et donc françaises. Cette tendance qui va s’inscrire de façon structurelle dans notre environnement bancaire devrait conforter les investisseurs souhaitant faire fructifier leurs excédents de liquidités via des dépôts à terme de type compte à terme.