Alors que la Banque Centrale Européenne parle de baisser à nouveau ses taux directeurs, notamment son taux de dépôt vers -0.30%, nous souhaitions partager avec vous nos inquiétudes sur cette politique de fuite en avant.

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Au lendemain de la crise de liquidité de 2007 la BCE doit sauver les banques européennes qui n’étaient pas aussi vertueuses que nos banques françaises dont le modèle universel a montré sa capacité de résilience.
Pour cela, elle mène des actions non conventionnelles de financement long terme à vil prix et lance des programmes d’achat d’obligations pour faire baisser les taux long terme.
Cette bouffée d’oxygène est destinée aux agents économiques (nous) pour continuer à croître par la dette et permettre aux états de pouvoir supporter le poids de leur dette devenu incontrôlable.

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Source : Banque de France

Quel bilan des actions de la BCE ?

Aujourd’hui, où en sommes-nous après quelques années de cette politique non conventionnelle ?
Certains états ont fait des efforts pour réduire leur déficit, pas tous, à noter que réduire ses déficits ne veut pas dire réduire sa dette, pour cela il faudrait des excédents. Donc rien n’est réglé.
Les agents économiques hésitent à investir de peur de la déflation, en effet même à 1% qui voudrait s’endetter pour un actif qui pourrait perdre en valeur ?
L’ajustement sur les salaires et les gains de productivité sont toujours aussi forts, dans un contexte de concurrence internationale où nous perdons notre valeur ajoutée sur le moyen de gamme.
Nous pouvons constater cet effet paradoxal où malgré l’abondance de crédit, un scénario de déflation à la japonaise est toujours d’actualité.

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Source : Pandat.fr

Et demain ?

Demain, de nouveaux risques apparaissent chez les assureurs, les banques et autres investisseurs à long terme avec la prise en actif de titres/actifs à rendement historiquement bas :
risque en capital en cas de revente, risque de transformation quand les actifs rapportent moins que leur financement, risque de rendement pour les modèles à rente comme les retraites…
Rester à taux bas induit de nombreux comportements de dépendance vis-à-vis de ces taux bas et déforment certains modèles économiques.
Les gains sur le change ne sont qu’artificiels et un euro fort n’a jamais empêché d’exporter un bien ou un service de qualité.

Ce ne sont pas les banques centrales qui font l’économie mais les entreprises et les états qui leur offrent un cadre.

A nous de réinventer positivement l’économie de demain en faisant confiance à la science et l’innovation avant que les taux bas nous entraînent vers une spirale de décroissance à taux zéro.