Aujourd’hui, Option Finance sort un dossier exclusif « Dépôts, les banques ponctionnent les entreprises ». David Guyot, en sa qualité d’expert sur les placements des entreprises auprès des banques, témoigne. Les dépôts à vue des sociétés non financières représentent en mai 2016 300.8 milliards d’euros. Que faire de tous ces encours ? Réponse.

La pratique des taux négatifs sur les dépôts : vers la voie de la généralisation ?

Nous en avions parlé récemment lorsque la banque coopérative allemande Raiffeisenbank de Gmund avait annoncé facturer les dépôts des particuliers au-delà de 100 000 euros.  Depuis le Quantitative Easing de la BCE, la pratique s’étend : en Belgique, en Suisse et dans quelques pays scandinaves, cela est devenu chose courante.
Selon les spécialises interrogés par Option Finance, la tendance est appelée à s’amplifier : « Les liquidités injectées par la BCE circulent en circuit fermé sur le marché interbancaire, elles se retrouvent pour l’essentiel détenues sous forme de réserves excédentaires auprès de la BCE et sont pénalisées de 40 points de base, ce qui affecte les marges bancaires » (Laurent Quignon). Ainsi, afin d’éviter l’érosion de leur produit net bancaire, certaines banques ont décidé de répercuter ces taux négatifs sur la clientèle. Là encore, cela ne s’applique qu’aux personnes morales. Toucher aux dépôts des particuliers aurait des conséquences très lourdes (importants retraits sous forme de monnaie fiduciaire notamment) et cela n’est pas un sujet pour le moment.

Alors, qui est concerné par les taux négatifs ?

Certaines banques fonctionnent au cas par cas. Jusqu’alors, la quasi totalité des banques françaises n’hésitait pas à appliquer des rémunérations négatives sur plusieurs produits de placement, mais jamais jusqu’à s’attaquer au dépôt à vue. « Disposant de liquidités abondantes dans leur bilan, elles ne proposent plus de rémunération sur les dépôts à terme dont la durée va de 0 à 18 mois pour les grandes entreprises » précise David Guyot.
Pour avoir un ordre d’idée , pour un DAT de 0 à 1 an, les banques proposent en moyenne un rendement à -0.10%. Au délà, le rendement devient positif. « En déposant aujourd’hui de l’argent sur un compte à terme pour une durée de 5 ans, une grande entreprise peut encore espérer percevoir 0.20 à 0.50% d’intérêt. » (David Guyot).

Taux négatifs : comment y déroger ?

Les banques n’ont pas intérêt à supprimer la manne que représentent les dépôts d’entreprises. « D’un point de vue prudentiel, les dépôts d’entreprises sont importants car les sommes qu’elles déposent sur un compte courant sont par exemple prises en compte à hauteur de 75% ou 60% selon les cas dans le calcul des ratios de liquidités mis en place sous Bâle III. »
D’autre part « Le fait d’offrir un rendement positif, voire nul, sert souvent pour la banque de monnaie d’échange, son but étant de « fidéliser » son client afin qu’il lui confie des mandats pour des missions lui apportant des commissions » explique David Guyot. Ainsi, en cas de relation commerciale « équilibrée », les banques ne factureront pas.
De plus, pour éviter les taux négatifs, il est opportun d’allonger au plus vite la durée de ses placements. Aujourd’hui, trouver une banque qui accepte de vous proposer un produit de placement positif au jour le jour s’avère mission impossible. « De nombreux groupes se sont vus forcer la main pour allonger la durée de leurs placements, sans quoi, ils seraient facturés ».
Enfin, les montants déposés par les trésoriers sont dorénavant très encadrés. David Guyot le précise : « Quel que soit le client, les banques réduisent aujourd’hui la taille des dépôts qu’elles sont prêtes à accepter ».
Il s’agit de limiter le volume de ces placements en augmentant considérablement la durée…. soit tirer un trait sur la liquidité passée.

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