Après avoir connu une baisse continue des taux depuis le Quantitative Easing de la BCE, nous semblons entrer dans une nouvelle ère : celle de la remontée des taux longs. Dans ce contexte,  faut-il que vous changiez de stratégie concernant vos placements et vos financement s?

Depuis un an et demi et l’annonce de la mise en place de politiques non conventionnelles par la Banque Centrale Européenne, les taux à moyen terme et long terme n’ont fait que baisser pour passer en territoire négatif jusqu’à l’échéance 9 ans sur la dette française.

Aujourd’hui, nous assistons à une très forte hausse des taux tout en restant à des niveaux extrêmement bas : la volatilité du 0 %. Par exemple le taux à 10 ans français est passé de 3 points de base à 78 en quelques semaines, soit un multiple de 26 !

Comment s’explique cette hausse ? Premièrement par la hausse de l’inflation due à la fin de la baisse du pétrole. Deuxièmement par l’anticipation de sortie des politiques de type QE en zone euro. Elle s’est aussi accélérée avec les élections US et le risque de voir la politique du Président Trump accélérer la hausse des taux US, un découplage total étant difficile à imaginer.

OAT 10 ans 2016

Source : Banque de France

Dans cet environnement, il devient difficile pour les entreprises de définir des « cours budget » sur les taux pour les prochaines années.

La hausse étant brutale, elle devrait être ralentie par la BCE qui ne souhaite pas fragiliser la croissance ni les porteurs d’obligations achetées à taux 26 fois plus bas.

Pour autant, nous avons probablement dépassé le point bas des taux et cela nous pose plusieurs questions sur les solutions de placement et de financement qui s’offrent aux personnes morales :

  • Au niveau des placements :

Si l’horizon est court terme, afin de gérer de la trésorerie d’exploitation, il faut se diriger vers des supports à taux variables comme certains comptes à terme ou des comptes courants rémunérés.

Si l’horizon est  plus long terme, dans ce contexte économique, il faut privilégier la liquidité afin de voir si ces hausses sont durables et non pénalisantes sur la croissance des deux côtés de l’Atlantique.

  • Au niveau des financements :

Sur le long terme, la course est lancée. Il faut profiter de ce contexte pour renégocier ses taux à la baisse ou lancer de nouveaux emprunts à taux fixe.

Sur le plus court terme, la BCE maintiendra des taux courts extrêmement bas et la mise en place de ligne de découvert à 0+ reste toujours la bonne solution.

Les incertitudes sont toujours importantes et les reprises fragiles mais le spectre d’un trou noir de taux négatifs va forcément amener les banques centrales à targetter des taux long terme vers leur objectif d’inflation à 2%.

Le marché ne leur tenant pas rigueur des achats d’actifs pour baisser les taux, Il ne devrait pas plus le faire sur un ajustement haussier.