C’est l’une des conséquences indirectes des perspectives de normalisation de la politique économique de la BCE : en prévision d’une hausse des taux directeurs d’ici la fin d’année, le coût du financement des dettes européennes explose.

A l’exception de la Grèce, les dettes souveraines des pays de l’Union européenne ont affiché, fin juin, des taux historiquement élevés.

Pandat fait le point sur la situation et sur ses conséquences pour vos placements de trésorerie.

Vers une envolée du coût des dettes souveraines

Pour les pays, comme la France ( la dette représente 98,9% du Produit Intérieur Brut français en juin 2017), dont le poids de la dette est très important, la perspective d’une remontée des taux est de mauvaise augure.

En effet, ces pays bénéficient, depuis 2014, des taux d’intérêt historiquement bas qui leur permet de mener des opérations de refinancement dans des conditions très avantageuses.

Mais portée par la bonne santé économique de l’Europe et la reprise de l’inflation, la présidence de la BCE ne cache plus ses intentions de relever les taux directeurs.

En cas de normalisation de la politique de Francfort d’ici la fin de l’année 2017, le coût des dettes souveraines pourrait s’envoler et peser très lourd pour les pays fortement endettés.

La fin des dettes européennes comme valeur refuge ?

Brexit, élection de Donald Trump à la maison blanche, incertitude quant aux résultats de l’élection présidentielle française….Ces derniers mois, l’instabilité politique mondiale a permis à la dette allemande et dans une moindre mesure à la dette française d’être considérée comme des valeurs refuges par les investisseurs. Malgré les taux de rentabilité proche de 0 (pour rappel, plus ce taux est bas, plus les investisseurs ont confiance dans la solvabilité du pays), la sécurité des placements sur ce type de support a su convaincre de nombreux investisseurs.

Mais la perspective d’une remontée des taux d’intérêt est dores et déjà anticipée par les marchés financiers. Pour le marché de la dette, l’amélioration de la conjoncture économique rime avec réduction du soutien monétaire. Le contexte économique favorable est donc une source de tension pour les taux d’emprunt.

Ainsi, si le taux d’emprunt des titres français (OAT) était à 0,194% sur 10 ans le 12 juillet 2016,  il est désormais un an après passé à 0,87%. Les obligations (les Bunds) liées à la dette allemande sont elles aussi concernée par cette hausse de taux et affiche un rendement de à 0,579% sur 10 ans (le taux du 12 juillet 2017).