Le gouvernement a annoncé son intention de geler le taux du livret A à 0,75% pendant une période de 2 ans.

Si la nouvelle est de mauvaise augure pour les 55,8 millions de Français disposant du fameux petit livret rouge, elle vise à compenser la baisse des aides aux logements accordées aux bailleurs sociaux.

Pandat vous explique pourquoi.

La rémunération du livret A à son niveau le plus faible

Avec d’1,15 milliards d’euros déposés sur le livret A rien qu’au mois de juillet 2017, le livret A est, de loin, le placement préféré des français.

Depuis le mois d’août 2015, la baisse des prix et la crise économique ont fait plonger sa rémunération à 0,75%, son plus bas taux historique. Aujourd’hui, alors que les économistes tablaient sur une remontée du rendement à 1%, poussée par la reprise de la croissance économique et l’euro fort, le gouvernement les a pris de court. En stabilisant la rémunération à 0,75%, le rendement du livret A couvre à peine l’inflation. Et si les prévisions de l’OCDE pour 2018 et 2019 (respectivement à 1,3 et 1,4% d’inflation) se confirment, la rentabilité du livret rouge pourrait même être inférieure à la hausse des prix à la consommation dans les mois à venir.

Pour les épargnants, cela pourrait se traduire par un manque à gagner, selon les valeurs placées, de plusieurs dizaines d’euros.
En contrepartie, contrairement aux autres placements (PEL, Assurance Vie….) dont les intérêts seront taxés, dès le 1er janvier 2018, à 30%, le livret populaire devrait lui être exonéré de toute fiscalité.

Réorienter les épargnants particuliers vers d’autres placements

Souvent surnommé de “placement de bon père de famille” pour son aspect peu risqué, le livret A est un produit qui coûte cher à l’Etat sans apporter de soutien à l’économie réelle. En stabilisant la rémunération à un faible niveau, le gouvernement veut pousser les épargnants à s’orienter vers d’autres types de placements, plus volatiles: “ Il y a une vraie volonté d’inciter les Français à consommer davantage et de réorienter l’épargne » vers le financement de l’économie productive, confirme le directeur du Cercle de l’épargne Philippe Crevel.

Amélioration des conditions de financement pour les bailleurs sociaux

Mais cette mesure du gouvernement est avant tout un message fort envoyé aux organismes de logements sociaux.
Comme l’a indiqué le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, les bailleurs sociaux seront les principaux bénéficiaires de cette mesure.

La Caisse des Dépôts et Consignation est en effet la principale source de financement des organismes HLM. Les sommes déposées sur le livret A par les épargnants permettent d’octroyer des prêts à taux préférentiels aux bailleurs de logements sociaux.  

Ainsi, en gelant le taux à 0,75%, le gouvernement garantit le maintien d’un faible coût de financement pour la construction de HLM.

Loin d’être un cadeau, cette mesure fait partie d’un plan d’économies budgétaires dont l’objectif est de réduire de 2 milliards d’euros par an les dépenses en terme de logement. Ainsi, le gel du livret A et les facilités de financement accordées aux sociétés HLM devraient intervenir en compensation de la baisse envisagée de 50 euros des aides au logement versées directement aux bailleurs sociaux.