2019, l’année où les taux longs sont devenus négatifs

Voici l’évolution des principaux taux sur l’année 2019 (les taux sont arrêtés au 12 décembre).

  • Eonia : -0,46 % (-9 bp sur l’année)
  • Euribor 3 mois  : -0,39 % (-8 bp sur l’année)
  • Euribor 6 mois : -0,34 % (-10 bp sur l’année)
  • OAT 10 ans : 0 %  (-70 bp sur l’année)

Le fait marquant de l’année, c’est bien sûr le passage en territoire négatif de l’OAT 10 ans.

Après un plus bas à -0,45 %, le taux de l’OAT 10 ans s’est bien repris et stagne désormais autour du 0. Le passage dans le négatif n’était-il qu’une brève incursion, ou le signe d’une tendance plus durable ? Impossible à dire pour l’instant.

Une chose est sûre : aucun facteur technique ne s’oppose à un taux long durablement négatif. Le Bund allemand à 10 ans est fermement ancré dans le négatif (-0,28 %) depuis mai, et le 7 ans français (reflétant la maturité moyenne de la dette française) est négatif depuis mars.

Les premiers jours de Christine Lagarde à la BCE : la différence dans la continuité

Christine Lagarde a, sans surprise, conservé la politique monétaire actuelle pour sa première réunion à la tête de la BCE.

Après avoir averti l’audience que son style serait différent de celui de Mario Draghi, et que les analystes n’ont aucun intérêt à utiliser la grille d’interprétation de son prédécesseur pour anticiper la politique qu’elle mènera, elle a déroulé un commentaire économique relativement optimiste.

Le discours a tempéré l’accent précédemment mis sur les risques qui pèsent sur l’économie, et a fait preuve de confiance dans la convergence vers l’objectif d’inflation de 2 % à moyen terme, Lagarde estimant que la zone Euro n’est pas en voie de « japonification » (en référence aux taux monétaires japonais, proches de 0 depuis près de 25 ans).

Sur la base de ce relatif optimisme macro-économique, on peut estimer que Lagarde prépare à terme un retrait graduel des conditions exceptionnelles mises en place sous l’époque Draghi. Les taux obligataires sont légèrement remontés lors du discours afin de refléter ces nouvelles anticipations.

Interrogée sur les effets secondaires des mesures très accommodantes et parfois controversées utilisées par la BCE, Lagarde a confirmé que l’institution allait passer en revue tous les instruments actuellement à disposition et évaluer leurs effets, positifs comme négatifs.

Derrière cette question se cache bien sûr l’avenir du taux négatif sur les dépôts des banques, abaissé de -0,40 à -0,50% en septembre avant d’être mitigé pour épargner la part de liquidités correspondant à des réserves volontaires constituées par prudence. Ce taux négatif pénalise les banques sur les liquidités qu’elles laissent au guichet de la BCE au lieu de les prêter, mais commence à avoir des répercussions sur les déposants.

Lagarde a précisé n’être ni colombe, ni faucon, mais conciliatrice de la diversité des membres de son comité. Une réponse consensuelle, mais qui pourrait aussi signifier que les voix les plus en faveur d’une hausse des taux, peu entendues sous l’ère Draghi, pourraient à l’avenir trouver une oreille plus attentive.

Les taux américains devraient rester stables en 2020

Cette semaine accueillait aussi la dernière réunion de l’année du FOMC, le comité de politique monétaire américaine.

Ici aussi, point de surprise. Conformément aux attentes des économistes et du marché, la fourchette-cible des Fed Funds, principal instrument de la politique monétaire aux Etats-Unis, reste fixée entre 1,5 % et 1,75 %.

Cette réunion est aussi l’une de celles où les membres du conseil sont invités à s’exprimer sur leurs anticipations personnelles. Pour 2020, 13 des 17 responsables de la politique monétaire n’anticipent aucune modification des taux, tandis que les 4 autres tablent sur une modeste hausse de 0,25 %. Aucun membre n’anticipe de nouvelle baisse des taux.

Une baisse ne serait d’ailleurs pas justifiée économiquement : l’économie américaine tourne à plein régime avec une onzième année consécutive de croissance soutenue et un marché du travail qui continue de surprendre par sa vitalité, le taux de chômage affichant son plus bas niveau depuis 50 ans à 3,5 %.

Cependant, la politique peut troubler le jeu : 2020 est une année électorale, et rares sont les présidents qui renonceraient à un stimulus monétaire à l’aube d’un second mandat… On se souvient des critiques acerbes de Donald Trump à l’encontre de Jerome Powell et de la Fed, à qui il reprochait ne pas baisser ses taux plus fortement, et plus rapidement !

Les produits de placement à privilégier en 2020

Si le consensus voit juste, 2020 sera une année de pause pour la BCE. Les taux monétaires ne devraient rester au même niveau, avec une éventuelle très légère remontée en fin d’année fondée sur l’anticipation d’un durcissement monétaire l’année suivante (2021). Pas avant !

Pour la trésorerie d’entreprise, les sources de rendement pertinentes en cette fin d’année sont :

  • les comptes à terme, intéressants pour leur rémunération mais aussi pour leur caractère défensif (verrouiller un taux positif, même minime, permet de se protéger d’une potentielle application des taux négatifs sur les dépôts sur les comptes courants),
  • les contrats de capitalisation pour les entités éligibles (associations, GIE, certaines holdings…) dans une optique de moyen-long terme, qui peuvent être utilisés comme un contrat d’assurance-vie pour personne physique (fonds en euros, unités de compte…),
  • les produits structurés, source de valeur pour le trésorier qui y intègre un scénario de marché cohérent avec ses objectifs et sa sensibilité au risque,
  • la pierre-papier (SCPI ou OPCI), l’immobilier devenant l’actif de rendement de référence puisque l’obligataire ne joue plus ce rôle.

Tous les choix ne sont pas pertinents pour toutes les entités : contactez Pandat pour trouver la solution qui vous correspond le mieux et la traiter au meilleur taux !

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