Stabilité des taux en décembre, mais l’OAT se redresse

Depuis le précédent Édi’taux publié mi-décembre, les taux ont très peu évolué :

  • Eonia : -0,45 % (+1 bp)
  • Euribor 3 mois : -0,39 % (inchangé)
  • Euribor 6 mois : -0,34 % (inchangé)
  • OAT 10 : 0,08 % (+8 bp)

Quel scénario pour les taux en 2020 ?

Notre vision pour 2020 est la même que l’année dernière et la précédente : un statu quo sur les taux.

Malgré ses différences affichées avec Mario Draghi, nous pensons que Christine Lagarde maintiendra le taux refi de la Banque Centrale Européenne à 0 %, niveau auquel il est fixé depuis mars 2016.

Nous voyons Lagarde plutôt dans la politique que dans l’action. Nous estimons qu’elle cherchera surtout à réformer la BCE en douceur : réviser ses objectifs et ses moyens, fermer le chapitre de la résolution des crises du crédit et des dettes souveraines de 2008 et 2011. Nous anticipons assez peu d’innovation en matière de politique monétaire pure, qui sera surtout dirigée par les anticipations d’inflation.

Ce qui nous amène à notre deuxième raison pour un statu quo : le contexte qui ne se prête pas à une hausse des taux ! L’inflation (1% en novembre, 1,3% en décembre) reste encore trop éloignée des 2 % pour justifier un resserrement monétaire.

Le déséquilibre entre offre et demande d’obligations tempère toute possibilité de hausse des taux longs

Sur les taux longs, principalement dictés par les forces de marché, nous ne voyons aucune possibilité de forte hausse.

Dans son bulletin mensuel de décembre, l’Agence France Trésor met en avant une statistique intéressante : la proportion des émissions d’obligations de l’État français qui seront, en 2020, absorbées par le programme de rachat obligataire de la BCE.

Source : BNP Paribas pour l’agence France Trésor (https://www.aft.gouv.fr/)

Sur cette base, on lit que la BCE absorbera près de la moitié des émissions nettes de la France… mais aussi 72 % des émissions nettes italiennes, 68 % des émissions espagnoles, tandis qu’elle « consommera » le stock net de dette allemande, l’Allemagne n’émettant quasiment plus.

Cette rareté de l’offre de papier, combinée à la demande certaine d’un acteur aux poches profondes et indifférent au prix, empêche toute franche remontée des taux longs et plaide pour une stagnation dans la zone actuelle. Ce qui arrange évidemment les États, qui en profitent pour abaisser le coût de leur dette et allonger les maturités : politiquement, personne n’a intérêt à voir les taux longs remonter !

La France restera particulièrement recherchée, et jouera le rôle d’émetteur liquide qui offre une rémunération supérieure de 30 bp à l’Allemagne pour un risque proche.

Aux Etats-Unis, la hausse des taux n’est pas encore à l’ordre du jour

Le marché des options sur taux d’intérêt permet d’avoir une vision indirecte des anticipations des investisseurs et des spéculateurs sur le principal taux de la Réserve Fédérale, aujourd’hui fixé dans la fourchette 1,50% – 1,75%.

D’après le prix des options, les taux directeurs américains se situeront dans la fourchette 1,25 – 1,50% en fin d’année (probabilité 38 %), ce qui correspondrait à une baisse de 25 bp du taux directeur. Le second scénario le plus probable (33%) est celui du statu quo dans la zone 1,50% – 1,75%, le solde étant réparti sur des scénarios mineurs (plusieurs baisses de taux ou plus marginalement une hausse de taux).

De l’aveu des membres de la Fed, le chômage peut rester bas et les salaires augmenter sans pression sur l’inflation. Autrement dit, aucune raison de remonter les taux… et encore moins en période électorale, tant cela risquerait de déstabiliser les marchés.

Un choc exogène, seule raison pour une hausse des taux… et encore !

Le seul scénario dans lequel nous envisageons une hausse des taux serait celui d’un choc exogène qui produirait une réaction rapide du marché. Des éventements rares mais violents, impossibles à anticiper : conflit armé, faillite bancaire, dislocation monétaire…

Encore faut-il que, fuite vers la qualité oblige, cet événement ne redirige pas les investisseurs vers les obligations. Ou que les banques centrales, en généreux pompiers, n’arrosent pas à nouveau les marchés de liquidités pour éteindre tout départ d’incendie. Autrement dit, même dans un scénario extrême, les taux longs ont peut de chances de remonter.

Quels placements de trésorerie en 2020 ?

Difficile de trouver des placements rémunérateurs avec des taux au plancher !

L’immobilier est vu comme le dernier actif de rendement. Son rendement présente un écart important par rapport aux taux sans risque, mais rémunère assez peu dans l’absolu, et demande de faire preuve de discernement.

Où trouver du rendement pour une trésorerie d’entreprise ?

Certaines opportunités dépendent du contexte dans lequel vous travaillez. Quel budget de risque pouvez-vous supporter ? Pouvez-vous immobiliser des fonds ? Nous avons donné nos meilleures idées dans notre dossier de fin d’année en 4 parties.

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David Guyot et Thomas Forest