En lévitation depuis trois mois, le S&P500 fait fi de la situation mondiale fragile liée aux conséquences économiques et sociales du Covid-19. Assiste-t-on à l’optimisme américain ou le marché a-t-il les yeux rivés vers l’horizon très lointain ? Toujours est-il que l’afflux massif de liquidité des banques centrales rend le jeu quelque peu biaisé. Les métaux précieux pour l’instant apprécient…


Malheureusement le monde n’est pas (encore) dirigé par Google, Amazon, Facebook et Apple. Leurs très bons résultats au deuxième trimestre 2020 ne vont pas sauver la planète pour le moment. En effet, les dernières nouvelles provenant des États-Unis ne sont pas rassurantes, même si on s’y attendait : baisse du PIB, hausse du chômage, reprise globale difficile associée à une résurgence de cas de Covid-19… Sans oublier l’incertitude liée aux élections américaines et l’attitude toujours hors-norme du Président Trump.

Ces dernières semaines, l’Europe semble tirer son épingle du jeu. L’accord trouvé le 21 juillet au terme de quatre jours de sommet entre les 27 pays européens créera probablement un précédent. L’emprunt commun de 750 milliards d’euros doit servir à relancer la machine économique européenne. Cela sera-t-il suffisant ? C’est une autre question.

Des données plombées mais qui repartent à la hausse

Aux États-Unis, le couperet est tombé : contraction du PIB annualisé de 32,9% au deuxième trimestre 2020, soit une baisse de 9,5% par rapport au trimestre précédent, du jamais-vu depuis plus de 70 ans. En Europe, ce chiffre est de 12,1%, la plus forte baisse trimestrielle de l’histoire de la zone euro. On s’y attendait et les chiffres le confirment. 

Néanmoins, les dernières données macroéconomiques (de juillet et août) montrent que l’activité reprend aux États-Unis et en Europe : les indices PMI (Purchasing Managers Index) manufacturiers sont repassés au-dessus de 50, indiquant une expansion de l’industrie. Le rythme est tel que les analystes prévoient un troisième trimestre record pour le PIB, même s’il ne pourra pas combler les pertes du premier semestre.

Des usines aux États-Unis, en Europe et dans certaines régions d’Asie ont augmenté leur production en juillet, mais la reprise a été freinée par la faiblesse du commerce mondial et a suggéré une route longue et fragile pour l’économie mondiale. Les perspectives internationales étant incertaines, les fabricants de la plupart des pays ont réduit leurs coûts en juillet en supprimant des emplois.

Mais les données globales suggèrent que l’assouplissement des restrictions de confinement pourrait ne pas être suffisant pour remettre l’économie mondiale sur les rails. Les gouvernements, en particulier ceux qui ont des modèles commerciaux axés sur l’exportation, devront peut-être trouver un moyen de stimuler la demande intérieure pour compenser les faiblesses persistantes de la demande internationale de produits fabriqués à l’étranger.

Le marché actions anticipe

Outre les États-Unis, où le virus continue de faire des ravages, d’autres régions sont confrontées à une résurgence du coronavirus. Les cas augmentent en Europe alors que les jeunes et moins jeunes se rendent sur les plages et les bars ; Melbourne, la deuxième plus grande ville d’Australie, impose un nouveau confinement de six semaines dans toute la ville dans le but de supprimer plus rapidement la propagation du coronavirus ; en Amérique Latine et dans certains pays d’Asie la situation s’aggrave.

Pendant ce temps, les marchés semblent ignorer ces éléments inquiétants. Ils sont sans doute portés sur l’avenir et focalisés sur la fabrication d’un vaccin que tout le monde attend. En juillet le S&P500 a progressé de 5,51%. 

Les marchés annoncent-t-ils alors les beaux jours ? Sont-ils en retard ? Ou bien est-ce qu’ils nient tout simplement la réalité ?

Merci qui ?

Merci les banques centrales et les États. À coup de politiques monétaires et budgétaires très assouplies et de liquidités massives, ils maintiennent les taux bas voire négatifs et propulsent la bourse vers les cieux.

Pour les investisseurs, les contrats de capitalisations investis en actions ont donc profité de cette hausse depuis le creux de mars.

En revanche, la nervosité demeure sur les marchés. L’or, traditionnellement pris d’assaut dans les moments incertains, vient de dépasser les $2000, niveau jamais atteint jusqu’alors. Le métal jaune s’est envolé de près de 33% depuis le début de l’année. Plusieurs éléments peuvent expliquer cet engouement. Tout d’abord, les taux d’intérêt de la Fed et mondiaux étant au plus bas, les investisseurs préfèrent acheter de l’or en lieu et place d’obligations. D’autre part, l’or garderait sa valeur s’il devait y avoir un effondrement des marchés actions. En cela la notion de valeur refuge de l’or prend tout son sens. Enfin, dans une moindre mesure, la dépréciation actuelle du dollar (-4% sur le US Dollar Index en 2020) rend mécaniquement le prix de l’or plus élevée.

Où investir sans prendre trop de risque ?

Pour les âmes sensibles et raisonnables, le marché actions n’est heureusement pas le seul et unique sous-jacent rémunérateur. 

L’immobilier reste une solution majeure et moins risquée, notamment grâce à la diversification propre aux SCPI. Il est même possible de profiter des taux bas afin d’investir à crédit dans la pierre papier. Pourquoi s’en priver ? 

Par ailleurs, face aux incertitudes, le contexte de marché actuel peut être favorable aux produits structurés.

Quant à aux directeurs financiers qui souhaitent placer de la trésorerie à court ou moyen terme tout en ne prenant aucun risque, les comptes à terme peuvent les intéresser.