Les fonds d’infrastructure ne sont pas les premiers produits vers lesquels une entreprise se tourne pour placer ses excédents de trésorerie.

Il s’agit pourtant d’une classe d’actifs à part entière et en croissance.

Les fonds d’infrastructure investissent dans des actifs et des services publics sur lesquels les gens se reposent pour vivre, travailler et se déplacer. Ces fonds peuvent investir dans des secteurs comme les services de traitement des eaux, la gestion des déchets, l’ingénierie et construction, l’énergie (centrales et réseaux électriques, oléoducs et gazoducs, énergie renouvelable, chauffage), les transports (autoroutes, ferroviaire et fret, aéroports, ponts), les télécommunications (réseaux de fibres optiques, tours) ou encore la santé (hôpitaux) et l’éducation (écoles, universités).

Malgré la demande mondiale, le déficit d’investissement dans les infrastructures reste important. Si les gouvernements jouent un rôle central dans la gestion et le financement des infrastructures, le manque de financement les conduit souvent à se tourner vers des investisseurs privés, que ce soit dans le cadre de partenariats ou d’accords entièrement privatisés.

Selon un rapport AFG-France Invest, 71 milliards d’euros de capitaux étaient sous gestion en France à fin 2019, dont près de 65% déjà déployés.

Nous pouvons considérer les investissements d’infrastructure comme partageant plusieurs caractéristiques clés :

          Rôle important dans la structure sociale et économique d’un pays

          Actifs non cotés réels et physiques nécessitant de lourds investissements initiaux

          Faibles coûts d’exploitation avec des sources de revenus récurrentes une fois établies

          Possibilité d’investissement en capital ou de financement en dette

          Investissement long terme voire très long terme, allant de 30 à 50 ans

Ce dernier point en particulier attire principalement des investisseurs institutionnels comme les caisses de retraite ou les assureurs pouvant investir des sommes élevées sur des horizons de temps longs. Toutefois, de nouvelles solutions permettent d’investir des montants moindre tout en gardant une relative liquidité.Répartition des fonds investis par secteur d'activité à fin 2019

Source AFG ASSO

AVANTAGES DES FONDS D’INFRASTRUCTURE

Il y a plusieurs raisons de considérer les fonds d’infrastructure comme un outil d’investissement.

Les bénéfices d’investissement de l’infrastructure, par rapport à d’autres classes d’actifs ou secteurs, découlent des propriétés intrinsèques des actifs sous-jacents, qui peuvent inclure une demande inélastique pour certains services (comme l’énergie ou l’accès routier), une position monopolistique sur un marché (comme un aéroport), des prix réglementés, des revenus stables et une longue durée de vie.

Ces caractéristiques conduisent à leur tour à certaines caractéristiques d’investissement, notamment :

          Résilience à la baisse

          Rendements stables

          Corrélations réduites avec les classes d’actifs traditionnelles (actions, immobiliers, taux)

          Profil de rendement ajusté au risque favorable

En termes de performances, ces fonds peuvent offrir des rendements stables dans le temps. Par exemple, la demande de services et de produits d’infrastructure a tendance à rester constante même pendant les périodes de ralentissement économique. Ils procurent ainsi aux investisseurs des revenus récurrents et prévisibles, dépendant peu des cycles économiques. En tant que tel, ces fonds sont de type défensif.

Les fonds d’infrastructure permettent également de diversifier un portefeuille au-delà de la combinaison typique d’investissements qui oscille entre actions, obligations et immobilier. Alors que les mouvements de marché boursier peuvent les affecter quelque peu, les fonds d’infrastructure offrent une meilleure protection contre la volatilité des marchés. Par conséquent, les risques d’un portefeuille peuvent être mieux gérés.

Par ailleurs, la classe d’actifs est relativement décorrélée des marchés financiers traditionnels. Cela atténue d’autant plus le risque d’un portefeuille. Associé à une diversification accrue, le couple rendement/risque s’en trouve alors renforcé.

Enfin, par l’essence même des actifs sous-jacents financés, l’horizon d’investissement se porte sur plusieurs années et conviendra particulièrement aux investisseurs long terme.

LIMITES DES FONDS D’INFRASTUCTURE

En investissement, le risque et la performance ont tendance à avoir une corrélation directe. Plus un investissement est risqué, plus il peut être avantageux pour les investisseurs.

Les fonds d’infrastructure sont par nature moins risqués que les fonds qui investissent dans des actions de croissance ou dans la technologie, par exemple. Bien qu’ils puissent générer de meilleurs rendements que les instruments obligataires, les fonds d’infrastructure dans leur ensemble ont tendance à être moins performants que les actions pures.

Mais ce point potentiellement défavorable dépend en grande partie de la stratégie d’investissement adoptée. En l’occurrence, ce rendement limité permet de bénéficier des avantages vus précédemment.

D’autre part, s’agissant d’actifs réels, rien ne prémunit les fonds d’infrastructure de risques opérationnels affectant les investissements. De la même manière, il existe un risque de liquidité non négligeable pour les fonds d’infrastructure : les rachats de parts ne peuvent en général pas se faire de manière immédiate.

Enfin, le ticket d’entrée pour ce type de placement est relativement élevé, allant de quelques milliers d’euros à plusieurs millions dans certains cas. Ceci est dû à la nature même des investissements et à la spécificité juridique des fonds, qui induisent des contraintes plus importantes que des fonds classiques.

EXEMPLE DE FONDS D’INFRASTRUCTURE

Les institutionnels investissent généralement dans les infrastructures par le biais de fonds privés (Private Equity) qui peuvent effectuer des investissements directs dans des projets d’infrastructure.

Pour le reste, il est possible d’accéder à ce type d’investissements via des fonds disponibles en assurance-vie sous forme d’unités de compte.

C’est le cas de GF Infrastructures Durables, fonds d’infrastructures lancé en mars 2020 par Generali Global Infrastructure. Accessible à partir de 10,000€, il dispose de tous les avantages évoqués haut… mais aussi des inconvénients comme la faible liquidité qui doit être prise en par les investisseurs.

Outre la stratégie alternative et innovante, les gérants de ce fonds se focalisent particulièrement sur de l’investissement responsable et des critères de sélection extra-financiers. Investir dans GF Infrastructures Durables c’est donc participer concrètement au développement d’infrastructures répondant aux enjeux sociaux et environnementaux.

Selon l’étude AFG-France Invest, la majorité des fonds d’infrastructure français s’engage d’ailleurs en faveur de l’ESG à travers la signature des PRI (Principles for Responsible Investment).

RÉFLEXIONS FINALES: LES FONDS D’INFASTRUCTURE, SOLUTION POUR VOTRE TRESORERIE ?

Les fonds d’infrastructure peuvent être considérés comme une thématique spécifique venant compléter une stratégie d’investissement globale.

Ils peuvent constituer une tranche d’enveloppe d’actifs réels dans un portefeuille, aux côtés de fonds immobiliers par exemple, fournissant un certain rendement et une couverture contre l’inflation.

Aussi, ces fonds permettent une exposition à des classes d’actifs fondées sur l’économie réelle, qui pour la plupart œuvre aujourd’hui pour le développement durable et la transition énergétique.