Depuis le début de la crise sanitaire, le marché immobilier est scruté avec attention. Le télétravail, l’exode parisien et les fermetures administratives n’ont eu qu’un impact limité sur les prix. L’heure est désormais à la reprise, tant pour l’immobilier d’entreprise que pour l’immobilier résidentiel.

  • Immobilier d’entreprise : une reprise tirée par le cœur de Paris et La Défense

Depuis mars 2020, la demande immobilière professionnelle en région parisienne reste inférieure à ses niveaux d’avant-crise. Le premier semestre 2021 a toutefois été marqué par un rebond : avec 765.600 m² d’immobilier d’entreprise placés sur les 6 premiers mois de l’année en Île-de-France, la demande a cru de 14% face au S1 20201. On notera qu’au S1 2019, ce chiffre était de 1,1 million de m² : une importante marge de progression existe donc encore. Les segments de La Défense (91.000 m² placés au S1) et du quartier central des affaires de Paris (160.100 m² au S1) connaissent une reprise plus forte que le reste de l’IDF, avec une accélération notable entre le T1 et le T2 2021 malgré le confinement d’avril. L’offre de locaux disponibles a augmenté en IDF au premier semestre (+9%), mais le taux de vacance reste faible (7,3% à fin juin 2021 en IDF)1.

Les prix de l’immobilier d’entreprise restent quant à eux assez stables depuis le début de la crise, aussi bien à l’achat qu’à la location. La généralisation du télétravail, considérée il y a un an comme un bouleversement majeur pour le marché, n’a donc pas eu de véritable impact sur l’immobilier d’entreprise. Sur les segments spécialisés, on notera que la crise sanitaire continue de bénéficier à l’immobilier de stockage (entrepôts), qui profite toujours de l’accélération du e-commerce.

  • Immobilier résidentiel : les villes moyennes continuent de prendre leur revanche

Au cours du S1 2021, les effets de la crise sanitaire (recherche d’espace, éloignement du lieu de travail) ont continué de profiter à l’immobilier des villes moyennes (Nantes, Strasbourg, Lille, La Rochelle…). Les grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux) ont quant à elles vu leurs prix stagner depuis mars 2020, voire légèrement reculer, tout en restant sur des niveaux proches de la situation d’avant-crise. La demande et les prix sur le segment résidentiel restent soutenus par des taux de crédit immobilier historiquement bas, qui offrent aux particuliers une capacité d’emprunt élevée.

À Paris, après un recul au second semestre 2020, les prix sont restés globalement stables au premier semestre 2021 et supérieurs à 10.000 euros/m² en moyenne. En petite couronne (92, 93, 94), les prix du marché résidentiel conservent leur tendance haussière depuis plusieurs années2. On notera que la recherche d’espace de la part des résidents de l’IDF profite directement à la banlieue proche de Paris.

  • SCPI : une collecte toujours dynamique

Pour les investisseurs, le segment immobilier est principalement accessible à travers les SCPI, qui permettent de bénéficier de rendements relativement stables et consistants dans une optique de placement à moyen/long terme. L’année 2020, malgré les éventuelles suspensions de loyers liées à la crise sanitaire, n’a pas empêché les SCPI de dégager un rendement annuel moyen de 4,18%3. À cette performance, s’est ajouté une progression moyenne de 1,12% du prix des parts liée à la hausse des prix de l’immobilier3. Souvent investis sur l’immobilier francilien de bureaux et de commerces, ces fonds peuvent également être concentrés sur l’immobilier résidentiel ou des segments spécialisés (établissements de santé notamment).

Les OPCI, qui permettent d’investir sur des segments de marché semblables, incluent une part de foncières cotées soumises à une volatilité plus élevée. Après des rendements négatifs en 2020, le bon début d’année boursière 2021 a permis aux OPCI de dégager des performances consistantes au premier semestre3.

L’attrait des investisseurs pour ces fonds ne se dément pas : la collecte nette des SCPI et des OPCI a atteint 1,8 milliard d’euros au premier trimestre 2021, un chiffre en hausse de 6% face au T4 2020, confirmant la hausse des deux trimestres précédents3. La reprise s’observe donc non seulement sur le marché immobilier, mais aussi du côté des flux d’investissement sur ce segment de marché.

 

1 Chiffres : GIE Immostat.

2 Chiffres : Notaires de France, MeilleursAgents.

3 Chiffres : ASPIM, IEIF.