12 janvier 2026

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Le choc vénézuélien ; quelles conséquences ?

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Le choc vénézuélien ; quelles conséquences ?

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Une transition politique sous contrôle américain

Les membres actuels de la structure de gouvernance chaviste apparaissent désormais
comme les principaux interlocuteurs dans la stratégie menée par les États-Unis depuis la
capture de Maduro le 3 janvier dernier, les élections ne constituant pas une priorité à court
terme. Les États-Unis « fixent les règles » (Trump).
L’influence américaine dans le pays est actuellement maintenue par un embargo naval sur
les exportations de pétrole et par la présence militaire américaine continue autour du
Venezuela, ainsi que par les menaces récurrentes de l’Administration fédérale sur les
responsables vénézuéliens.

Éviter un scénario chaotique de type irakien

L’idée sous-jacente à cette stratégie est évidemment d’éviter une période chaotique et
violente qui mobiliserait l’armée américaine, scénario pouvant finir dans un bourbier « à
l’irakienne ».
On a appris que le Venezuela allait « remettre » entre 30 et 50 millions de barils de pétrole
aux États-Unis, qui les revendront « au prix du marché ».

L’enjeu stratégique : le contrôle des réserves pétrolières mondiales

Au fond, l’ambition trumpiste est de totaliser un peu moins du quart des réserves mondiales
de pétrole (réserves pétrolières combinées du Venezuela et des États-Unis) si elles étaient
consolidées sous leur influence. Ce basculement pourrait conférer aux États-Unis une
influence accrue sur les marchés pétroliers, qui leur permettrait de potentiellement
maintenir les prix du pétrole dans des fourchettes plus basses, renforcer la sécurité
énergétique et remodeler l’équilibre des pouvoirs sur les marchés énergétiques
internationaux. Soit renforcer un élément-clé de la puissance dans lequel les USA ne sont
pas (encore) dominants.

Réduire l’influence chinoise sur le pétrole vénézuélien

L’objectif trumpiste apparaît aussi clairement de réduire l’influence chinoise dans le pays.
Ainsi, en plaçant l’essentiel des exportations de brut vénézuélien sous tutelle américaine,
Trump cherche surtout à assécher le marché noir du pétrole, dont Pékin est le premier
bénéficiaire. Les importations chinoises de brut vénézuélien ont atteint en moyenne de 300
kb/j à 500kb/j selon les sources en 2025.

Une stratégie sans précédent historique

Partant de là, le point d’interrogation essentiel pour la suite est de savoir si cette stratégie va
réussir ou non. Il n’y a pas beaucoup d’exemples dans l’histoire où un gouvernement
national est de fait piloté par une autorité étrangère.

Quelles conséquences en cas de réussite de la stratégie américaine ?

Quid des conséquences sur les marchés si la situation « évoluait favorablement » (absence
de violences, transition politique ordonnée, objectifs de Trump remplis…) ? On peut
anticiper 4 types de conséquences potentielles à moyen terme :

Un impact baissier sur les prix du pétrole

  • Un impact négatif pour les prix du pétrole. Dans l’hypothèse d’un retour graduel (et
    anticipé) de la production vénézuélienne au niveau du début des années 2000, à savoir 3,5
    mb/j, on pourrait envisager un effet baissier maximal sur le prix du baril de 10 à 20% (soit
    entre 5 et 10 dollars par baril environ, toutes choses égales par ailleurs), même si cela
    prenait du temps.

Un rerating de la zone Amérique latine

  • Un rerating de la zone Latam (actions et produits de dette). La restructuration de la dette et
    l’envolée de la croissance au Venezuela (compte tenu de la dépression enregistrée pendant
    les années Maduro) seraient de nature à rendre confiance aux investisseurs.

Des gagnants et des perdants dans le secteur pétrolier

  • Un impact favorable pour les majors américains (Chevron, ConocoPhillips, ExxonMobil), et
    d’une manière générale les sociétés pétrolières « downstream » (raffineurs, pipelines,
    stockage etc…). Mais les sociétés pétrolières principalement « upstream » risquent de leur
    côté d’être perdantes en termes de CA : l’effet volume haussier serait inférieur au risque
    baissier sur les prix au niveau agrégé.

Des conséquences négatives pour certains actifs chinois

  • Certains actifs chinois pourraient être pénalisés (groupes pétroliers et gaziers chinois,
    raffineurs indépendants chinois, les banques chinoises exposées).

Un précédent géopolitique aux répercussions globales

Il faut toutefois être conscient qu’en cas de réussite, Trump serait probablement galvanisé
par son succès et que de nouvelles initiatives sur d’autres régions (Iran, Groenland, voire la
Russie) pourraient être envisagées. À ce titre, on ne peut pas absolument exclure un
renversement du régime iranien dans les semaines/mois à venir à la faveur par exemple
d’initiatives américaines et/ou israéliennes.

Le cas iranien : un parallèle inquiétant

L’Iran présente d’ailleurs quelques analogies avec le Vénézuéla : un fiasco économique
(dépression, pénuries, hyperinflation, corruption, accaparement des ressources pétrolières
par les Gardiens de la Révolution, trafic de drogue) mais aussi politique et militaire
(démonétisation du régime des mollahs après la décapitation du Hezbollah, du Hamas et des
Houtis, l’échec syrien en 2024 et la défaite face à Israel en juin dernier).

Un choc potentiel pour la Chine

Son renversement représenterait aussi un camouflet substantiel pour la Chine et la
pénaliserait sur le plan économique (la Chine bénéficiant d’environ 1,5 à 2 millions de barils
par jour d’importation de pétrole iranien à un prix décoté).

Et en cas d’échec de la stratégie américaine ?

Qu’adviendrait-il en cas d’échec ? (situation chaotique, guerre civile, rejet des USA…). Si le
contrôle du pays venait à se fragmenter au lieu de s’améliorer, le résultat serait une hausse
des primes de risque géopolitique (nouvelle vague haussière de l’or et des devises
défensives) dans la mesure où cela priverait aussi les USA d’un levier sur les dossiers
ukrainien et iranien. Il faudrait aussi s’attendre à de nouvelles tensions sur le marché du
pétrole.

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