
Certificat de dépôt négociable (CDN)
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Votre trésorerie dort sur un compte courant ou reste captive d'un dépôt à terme que vous ne pouvez pas céder ? Le certificat de dépôt négociable offre une alternative concrète : un titre bancaire à court terme, à taux connu dès la souscription, revendable avant l'échéance. Parmi les solutions de placement de trésorerie d'entreprise, c'est l'un des instruments les moins connus des directions financières — et pourtant l'un des plus souples.
Qu'est-ce qu'un certificat de dépôt négociable ?
Définition et principe de fonctionnement
Le certificat de dépôt négociable (CDN) est un titre de créance émis exclusivement par un établissement de crédit — banque commerciale, Caisse des Dépôts et Consignations, ou filiale française d'une banque étrangère. Le mécanisme est simple : l'investisseur prête un capital à la banque émettrice pour une durée déterminée, et reçoit en contrepartie un titre garantissant le remboursement du capital majoré d'intérêts à l'échéance.
Contrairement à un dépôt à terme classique, ce titre est négociable : il peut être revendu sur le marché secondaire avant son terme, ce qui offre une souplesse que n'ont pas les comptes à terme traditionnels.
Cadre réglementaire : des CDN aux NEU CP
Point essentiel : depuis la réforme du 1er juin 2016, le certificat de dépôt négociable n'existe plus en tant qu'instrument émettable distinct. Les anciens CDN et billets de trésorerie ont été fusionnés sous une catégorie unique, les titres négociables à court terme, commercialement appelés NEU CP (Negotiable European Commercial Paper). L'objectif de cette réforme, portée par la Banque de France, était de moderniser le marché français des TCN et de l'aligner sur les standards internationaux.
Dans la pratique, le terme "certificat de dépôt" reste couramment utilisé pour désigner un NEU CP émis par une banque. La distinction avec les NEU CP émis par des entreprises non financières (anciens billets de trésorerie) demeure pertinente : l'émetteur bancaire offre un profil de risque différent de celui d'un émetteur corporate.
Caractéristiques principales
La durée de vie du titre s'étend de 1 jour à 1 an. Au-delà, l'instrument équivalent est le NEU MTN (Negotiable European Medium-Term Note), anciennement bon à moyen terme négociable. Le montant unitaire minimum est fixé à 150 000 € par la réglementation, sans plafond maximum — ce qui réserve de fait l'instrument aux entreprises, holdings, associations et investisseurs institutionnels.
La rémunération est libre et déterminée à l'émission. Elle peut être à taux fixe ou variable, généralement indexée sur les taux du marché monétaire (€STR, EURIBOR). Les intérêts sont versés soit au départ (précomptés), soit à l'échéance (post-comptés). Le programme d'émission doit obtenir l'accord préalable de la Banque de France, et l'émetteur est soumis au contrôle de l'ACPR.
Pourquoi choisir un CDN plutôt qu'un dépôt à terme ou une SICAV ?
Un trésorier qui hésite entre CDN, compte à terme et SICAV monétaire se pose en réalité trois questions. Le CDN y répond de façon distincte.
"Mon DAT me suffit, pourquoi changer ?" Parce que le CDN est revendable. Si un besoin de liquidité imprévu survient, le titre peut être cédé sur le marché secondaire ou racheté par la banque émettrice, sans les pénalités de sortie anticipée d'un compte à terme. Le taux est par ailleurs souvent légèrement supérieur, grâce à la prime de négociabilité.
"Une SICAV monétaire, c'est pareil en plus simple ?" Non. La SICAV délivre un rendement variable, grevé de frais de gestion (0,10 % à 0,30 % par an). Le CDN offre un taux fixe, sans frais, connu dès la souscription. En revanche, la SICAV est accessible dès quelques centaines d'euros et offre une liquidité quotidienne — un avantage pour les montants inférieurs au seuil des 150 000 €.
"Le risque est-il comparable ?" L'émetteur d'un CDN est un établissement de crédit agréé, soumis aux exigences de fonds propres, à la supervision de l'ACPR et de la BCE, et à la notation par les agences de rating. Le FGDR couvre jusqu'à 100 000 € par établissement — une couverture partielle compte tenu du ticket minimum de 150 000 €. La sécurité réelle repose sur la solidité financière de la banque émettrice. C'est structurellement plus sûr qu'un billet de trésorerie émis par une entreprise non financière.
Exemple concret de placement en CDN
Prenons le cas d'une ETI disposant de 500 000 € d'excédent de trésorerie disponible sur un horizon de 6 mois. Elle souscrit un certificat de dépôt négociable auprès d'une banque notée A, à un taux fixe de 2,30 % annuel, intérêts post-comptés.
Conservation jusqu'à l'échéance. Au terme des 6 mois, le gain brut s'élève à 5 750 € (500 000 × 2,30 % × 6/12). Après IS à 25 %, le gain net ressort à 4 312 €. Capital intégralement restitué, rendement connu dès le départ.
Sortie anticipée au bout de 3 mois. L'ETI a finalement besoin de ses fonds plus tôt. Elle revend son CDN sur le marché secondaire. Si les taux de marché sont restés stables, le prix de cession sera proche du nominal majoré des intérêts courus. Si les taux ont monté de 50 points de base entre-temps, la valeur de revente diminue légèrement — le titre vaut un peu moins qu'à la souscription. Le risque de perte en capital reste limité sur des maturités courtes, mais il existe. À comparer avec un DAT classique, où la sortie anticipée entraîne une pénalité forfaitaire et souvent la perte totale des intérêts acquis.
CDN, compte à terme, billet de trésorerie, SICAV monétaire : comparatif
Critère | CDN | Compte à terme | Billet de trésorerie | SICAV monétaire |
Émetteur | Banque | Banque | Entreprise non financière | Société de gestion |
Montant minimum | 150 000 € | Quelques milliers € | 150 000 € | Quelques centaines € |
Durée | 1 jour à 1 an | Variable | 1 jour à 1 an | Pas d'échéance |
Taux | Fixe ou variable | Fixe | Fixe ou variable | Variable |
Négociabilité | Oui (marché secondaire) | Non | Oui (marché secondaire) | Rachat quotidien |
Garantie FGDR | Jusqu'à 100 000 € | Jusqu'à 100 000 € | Non | Non |
Frais de gestion | Aucun | Aucun | Aucun | 0,10 % à 0,30 %/an |
Un courtier en placements financiers indépendant peut aider à arbitrer entre ces supports en fonction de la structure de trésorerie de chaque entreprise. Pour les maturités plus longues, le billet de trésorerie est à rapprocher des obligations d'entreprises, tandis que les OPCVM et SICAV monétaires restent le choix naturel pour la trésorerie très court terme en dessous du seuil des 150 000 €.
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Fiscalité et comptabilisation des CDN en entreprise
Les intérêts perçus sont intégrés au résultat imposable et soumis à l'IS (25 % au taux normal, 15 % sur la fraction éligible au taux réduit PME). Les plus-values éventuelles sur cession avant échéance suivent le même régime.
Sur le plan comptable, le titre est inscrit en valeurs mobilières de placement (compte 506) au coût d'acquisition. Les intérêts courus sont constatés en produits financiers (compte 764) au prorata temporis. Dans notre exemple, les 5 750 € d'intérêts bruts du CDN à 2,30 % sont comptabilisés au crédit du compte 764 à l'échéance, et l'IS correspondant (1 438 €) au débit du compte 695.
Risques et points de vigilance
Le risque principal est la défaillance de l'émetteur bancaire. Le scénario est rare pour une banque notée investment grade, mais la couverture FGDR à 100 000 € ne compense qu'une fraction du montant investi. Diversifier entre plusieurs établissements émetteurs limite cette exposition.
Le risque de taux concerne l'investisseur qui revend avant l'échéance : si les taux de marché ont monté, la valeur de revente du titre baisse. Ce risque disparaît en cas de conservation jusqu'au terme.
Enfin, la liquidité du marché secondaire varie selon la taille de l'émission et la notoriété de l'émetteur. Privilégier des banques de premier plan et calibrer la maturité sur l'horizon réel de disponibilité de la trésorerie reste la meilleure approche.
Faites le point sur vos placements monétaires
Le certificat de dépôt négociable n'est qu'un instrument parmi d'autres dans l'arsenal du trésorier. Son intérêt dépend du montant disponible, de l'horizon de placement et de la tolérance au risque de taux de chaque entreprise. Pandat Finance accompagne les directions financières dans la sélection et la mise en concurrence des meilleures émissions bancaires, en s'appuyant sur un réseau de plus de 150 partenaires. Un échange avec un expert Pandat permet de cartographier vos excédents et d'identifier les supports les plus adaptés à votre situation.
Qu'est-ce qu'un certificat de dépôt négociable ?
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