
Quid de l’impact des mid terms sur les marchés ?
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Les élections de mi-mandat auront lieu le 3 novembre prochain (renouvellement total de la Chambre des représentants* et d’un tiers du Sénat). Depuis presque toujours, les élections de mi-mandat constituent une « épreuve » politique pour le Président en place et son parti. Ainsi depuis 1946 (jusqu’aux dernières élections de mi-mandat de novembre 2022), le parti du Président en place a perdu des sièges dans 18 (à la Chambre) et 13 (au Sénat) des 20 mid-terms, avec une perte moyenne de 27 sièges à la Chambre et 4/5 au Sénat (sachant qu’au Sénat, il n’y a qu’une trentaine de sièges à renouveler).
Lorsque la popularité du Président était sous les 50%, la perte était supérieure. Rappelons que c’est le cas de Trump aujourd’hui. Moins de 40% des Américains approuvent aujourd’hui l’action de Donald Trump, alors que 57% la désapprouvent (RealClearPolitics et Silver Bulletin, cf. graphique ci-dessous Sa popularité nette se situe donc autour de –17 points, un niveau très défavorable à l’approche des élections de mi-mandat.

Les rapports de force au Congrès
Partant de là, rappelons la situation actuelle. A la Chambre, les républicains conservent une majorité extrêmement étroite avec 218 sièges, contre 212 démocrates, un indépendant et 4 sièges vacants (sur 435 sièges au total).
Au Sénat, les républicains disposent de 53 sénateurs. Les démocrates en ont 45, auxquels s’ajoutent 2 indépendants – Bernie Sanders et Angus King – qui siègent avec eux. Le bloc démocrate élargi compte donc 47 voix. Cette majorité républicaine ne leur donne pas les 60 voix nécessaires pour surmonter un filibuster** (procédure de blocage parlementaire au Sénat) sur la plupart des lois ordinaires.
Dans l’ensemble, les sondages décrivent une vague nationale favorable aux démocrates à un peu plus de 2 mois du scrutin. Cependant, il existe une distinction très nette entre les 2 chambres. Celle-ci transparaît dans les marchés prédictifs (cf. graphique ci-dessous):
Chambre : bascule démocrate fortement probable, autour de 85-87 %.
Sénat : grande incertitude avec une probabilité de 50/50 de victoire pour le parti républicain et les démocrates.

D’une manière générale, le vote national ne se transforme pas mécaniquement en sièges : le découpage électoral, la concentration des voix démocrates dans les villes et la qualité des candidats locaux peuvent obliger les démocrates à gagner le vote national de plusieurs points pour obtenir une majorité en sièges.
Par ailleurs, ce sera beaucoup plus difficile de conquérir le Sénat pour les démocrates. Dans la mesure où le vice-président républicain départagerait un Sénat à 50-50, les démocrates doivent atteindre 51 sièges. Ils doivent donc réaliser un gain net de 4 sièges, tout en conservant tous leurs sièges vulnérables, ce qui est assez peu probable. Les républicains défendent beaucoup de sièges lors de ce scrutin (22 sur 35), mais la plupart sont très sûrs.
Un Congrès divisé est-il négatif pour les marchés financiers ?
Sachant donc que la probabilité la plus forte est que Trump « perde » au moins l’une des 2 chambres (en l’occurrence la Chambre des Représentants), est-ce négatif pour les marchés financiers ?
D’abord, rappelons que les phases de cohabitation (Présidences et Congrès divisés totalement ou partiellement) sont plutôt la norme aux États-Unis. Sur l’après-guerre, les présidences républicaines ont eu 15 fois à faire avec des Congrès entièrement ou partiellement démocrates. Et 5 fois pour les présidences démocrates (Congrès entièrement ou partiellement républicain). Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la politique commerciale, la politique étrangère, l’immigration et la réglementation resteront en partie du ressort de l’exécutif, avec des incidences potentielles non négligeables sur le marché de la part d’un Président très interventionniste. L’administration Trump gouverne largement par décrets, avec une fréquence sans précédent.
Ensuite, n’oublions pas que des rallys boursiers*** ont été enregistrés après chaque élection de mi-mandat depuis 1946 (15% sur un an). Dans 18 des 20 mid-terms depuis 1946, le marché a mieux performé dans les 6 mois qui ont suivi l’élection que lors des 6 mois qui l’avaient précédée. Surtout, cela a été indépendant de la majorité au Congrès (républicaine ou démocrate) et de la Présidence, avec une surperformance en cas de cohabitation Présidence républicaine/Congrès divisé.


Nous doutons cependant qu’une telle loi historique soit très opérationnelle dans le cadre actuel, après une progression de 125% pour le S&P 500 depuis la fin du bear market de 2022****, des valorisations très élevées, des interrogations sur la pérennité de la bulle tech et une politique monétaire incertaine.
Enfin, il faut nuancer l’importance de la double majorité (présidentielle et parlementaire) aux USA. Les Administrations en place, même lorsqu’elles disposent d’une majorité au Congrès, ne contrôlent pas entièrement tous les élus du Parti. Cela est aussi le cas de Trump. Sa tentative d’abroger l’Affordable Care Act avait échoué au Sénat lors de son 1er mandat (malgré une majorité républicaine). Aujourd’hui le SAVE America Act (projet de Trump imposant notamment une preuve de citoyenneté pour l’inscription électorale) est bloqué.
Au total et selon nous, les élections ne devraient avoir qu’un impact limité sur le marché actions dans son ensemble. Il nous semble que la tendance du marché devrait principalement être guidée par l’état d’avancement de la bulle tech ainsi que par la dynamique des BPA, sans oublier la politique de la Réserve fédérale.
L'impact sur les secteurs et le marché obligataire
Avec Trump et un Congrès partiellement opposé, le principal bénéficiaire sectoriel relatif serait la défense, en particulier les drones, le spatial, le renseignement, la cybersécurité, les communications sécurisées et les fournisseurs de semi-conducteurs. En effet, les dépenses de sécurité nationale conservent généralement un soutien bipartisan
En revanche, les secteurs plus à risque se situeraient plutôt dans les domaines sensibles à la fragmentation politique. En particulier dans les infras, l’énergie (division réglementaire entre gouvernement fédéral, États et tribunaux ; difficultés des permis ; moindre soutien budgétaire ; contestation liée au coût de l’électricité) et la santé (tarifs douaniers sur les médicaments ou dispositifs médicaux, négociations Medicare et modifications des remboursements).
Pour le marché obligataire, on peut craindre une hausse de la volatilité : affrontements sur les dépenses, shutdowns, plafond de la dette et incapacité à traiter le déficit fédéral. Cette hausse est d’ailleurs déjà visible du fait des messages confus de K Warsh.
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*Celle-ci comprend 435 membres contre 100 membres au Sénat.
**Rappelons que le Filibuster ne joue pas pour les décisions du Sénat concernant les nominations ministérielles, judiciaires et administratives. Ainsi que pour les décisions ayant un impact direct sur les finances fédérales (dans ce cas, on peut surmonter le blocage via une procédure de réconciliation budgétaire).
***Le rendement moyen du S&P 500 pendant les 2 mois précédant les élections de mi-mandat est d’environ +1,6 %, avec une forte dispersion selon les cycles.
****En dollars, performance total return depuis le 1er octobre 2022.












































































































































