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Le Pen Présidente : quels impacts sur les marchés ?

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Le Pen Présidente : quels impacts sur les marchés ?

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Marine Le Pen est aujourd’hui de loin la grande favorite selon les marchés prédictifs car elle est quasi certaine d’être présente au second tour et a une très bonne probabilité conditionnelle de l’emporter au final (cf. graphiques ci-dessous).




Elle dispose aussi d’un ancrage électoral solide. Selon Elabe (enquête publiée le 17 octobre), plus de 3 électeurs de Le Pen sur 4 se disent sûrs de leur choix (même score que Mélenchon), alors qu’en moyenne, 46 % des personnes exprimant une intention de vote disent pouvoir changer d’avis. Selon Cluster17, Marine Le Pen enregistre actuellement le plus faible taux de rejet, avec 62 %, ce qui reste tout de même un niveau très élevé. Mais c’est moins que Glucksmann (66 %), Philippe (68 %), Retailleau (69 %), Attal (72 %), Mélenchon (73 %). Rappelons enfin que Le Pen arrive en tête dans toutes les hypothèses au 1er et au second tour de tous les sondages récents.

Quid de la suite ?

Il y aura évidemment une dissolution dans la foulée de son élection. Et nous pensons que l’hypothèse d’une majorité parlementaire (relativement stable) conforme à la majorité présidentielle est plausible. Pourquoi ? Pour 4 raisons.

1. La dynamique des institutions sous la Vème République

-Il nous semble que sous la Vème République, les électeurs ont tendance à valider la majorité présidentielle par une majorité parlementaire après l’élection d’un nouveau Président sans majorité parlementaire préalable, soit après une dissolution (Mitterrand en 1981), soit lors d’élections législatives concomitantes après la réforme du quinquennat (Sarkozy avec l’UMP en 2007, Hollande avec le groupe socialiste et apparentés en 2012, Macron avec LREM en 2017). Avec un score d’environ 35% au 1er tour de l’élection (un score jamais atteint par le RN pour un 1er tour), la dynamique pourrait jouer en sa faveur lors des législatives, en l’absence de « Front républicain ».

2. La lassitude face à l'instabilité gouvernementale

-Les électeurs seront probablement lassés de l’instabilité gouvernementale depuis juin 2024.

3. La difficulté des alliances à gauche

-Ce qui fait la force des élections législatives est la qualité des alliances entre formations : or, il est ainsi difficile d’imaginer une nouvelle NUPES (ou nouveau Front populaire) avec Glucksmann comme leader de la gauche non LFI; 73% des électeurs PS/Place publique sont contre une telle alliance (sondage ELABE du 3 octobre). Glucksman et Guedj, qui s’opposent à l’alliance avec LFI, ont obtenu 72% des voix lors de la primaire socialiste/place publique.

4. Les ralliements à droite

-En revanche, la victoire de Le Pen devrait amener de probables ralliements à droite (une partie non négligeable de LR et Reconquête), à l’instar de Ciotti en 2024, autour de Bardella (1er ministre) et pouvoir fonder une majorité.

Quel impact de tout cela sur les marchés ?

L'impact sur le spread OAT/Bund

Pour nous, l’impact sur le spread OAT/Bund serait, dans un 1er temps, faible à neutre. La conjoncture difficile, le manque de d’engagements budgétaires crédibles et une posture anti-européenne (réduction de la contribution française au budget européen) de la part de Le Pen ne permettrait pas de le réduire (hors intervention de la BCE).

Certes, il y a du mieux dans l’affichage budgétaire du RN par rapport aux élections antérieures (inscription dans la Constitution, par référendum, d'une règle d'or imposant une trajectoire de réduction de la dette, excédent primaire dès 2028, projet de déficit public inférieur à 3 % du PIB en 2030, dette publique ramenée de 121 % du PIB en 2027 à 112 % en 2032).

Cela correspond à un objectif d'amélioration du solde budgétaire net de 140 MD. Mais ceci est basé sur une prévision de croissance ambitieuse (1,8% dès 2028) et le détail des mesures d’économies manque, sans même évoquer le tour de l’âge de la retraite à 62, voire 60 ans. Parallèlement, la pression de la rue se poursuivra probablement.

Les répercussions sur le CAC 40 et les secteurs

Quant au CAC 40 , il sera encore sous la pression négative du risque français, en subissant notamment l’impact d’un spread très élevé.

En termes de secteurs, le biais pourrait être positif pour : -les industrielles (baisse des impôts de production, l’essentiel des profits réalisé à l’étranger avec une faible sensibilité à la politique intérieure française), en particulier pour le segment défense,

  • l’automobile (assouplissement réglementaire sur les véhicules thermiques, mesures en faveur du pouvoir d’achat des ménages et à l’utilisation de l’automobile, suppression ZFE, assouplissement du malus automobile…)

  • les foncières (allégement des normes de construction et des DPE, suppression des ZAN, abrogation de la loi SRU, suppression de l’IFI, libération du foncier public, …)

Le biais pourrait être en revanche négatif pour les secteurs devant subir des contributions exceptionnelles (comme Le Pen l’a parfois mentionné) : énergie, bancaires, utilities.

L'expérience Meloni depuis son élection d’octobre 2022

Au-delà, on peut bien sûr évoquer l’expérience Meloni depuis son élection d’octobre 2022. En partant d’un grand scepticisme il y a 4 ans, la confiance s’est progressivement renforcée, au détriment principal de la France. Le spread BTP/OAT 10 ans, qui se situait à près de 190 pb au moment de son élection, s’établit aujourd’hui à -50 pb.

Mais l’Italie a su passer rapidement à un solde primaire positif dès 2024 (grâce au reflux des aides à la rénovation, le Superbonus qui avait fortement gonflé les dépenses de 2023) et à la sortie des mesures contre la crise énergétique. Et le retour à un excédent primaire en 2024 n’a d’ailleurs pas suffi à empêcher la remontée du ratio dette/PIB (138% en 2026 vs 134% en 2022)

Quant à la croissance moyenne, elle a été correcte, de l’ordre de 1% depuis 2023. Mais Meloni a pu bénéficier de l’utilisation des fonds de l'UE et de l’ensemble des réformes mises en place par M. Draghi entre 2021 et 2022 (réforme du système judiciaire, réforme des règles de concurrence, réformes sur le marché du travail, réforme des retraites, simplification fiscale, modernisation des infrastructures numériques, lutte contre la corruption…).

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